01 sept. 07
2006-2007 Le synode sur l'Eucharistie a bien sûr parlé de la confirmation et des 3 sacrements de l'initiation ...
Le synode sur
l’Eucharistie a bien sûr parlé
de la
confirmation et des 3 sacrements de l’initiation…
Le synode des Evêques, réuni du 2 au 23 octobre 2005, me
donne l’occasion de poursuivre l’approfondissement de ce travail rendu à Pâques
2004 sur « l’Initiation Chrétienne ».
Cet article présente :
- les trois textes publiés
- 16 et 17 de « l’Instrumentum Laboris
- 13 des « Propositions finales »
apportées à notre Pape Benoît XVI.
- et finalement, de l’Exhortation Apostolique
- quelques commentaires personnels.
I. LES TEXTES DE REFERENCE
SYNODE
DES ÉVÊQUES - XIème
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
2-23
octobre 2005
L'Eucharistie : source et sommet de la vie et de la mission de l'Église
INSTRUMENTUM
LABORIS
Ière PARTIE
EUCHARISTIE ET MONDE ACTUEL
Chapitre II : Eucharistie et communion
ecclésiale - Rapport entre l'Eucharistie et les autres sacrements
Proposition 16 et 17 : La séquence des
sacrements de l’initiation chrétienne
16. Il existe un lien théologique entre la Confirmation et l’Eucharistie, car l’Esprit Saint conduit l’homme à croire en Jésus-Christ notre Seigneur. Afin de rendre ce lien plus évident, la pratique d’administrer la Confirmation avant la Communion a été réintroduite dans certaines Églises particulières.
L’Eucharistie est le sommet d’un itinéraire authentique de l’initiation chrétienne. Vivre en chrétien signifie actualiser le don du Baptême, ravivé par la Confirmation, en l’alimentant avec la participation régulière à la Sainte Messe du dimanche et des jours prescrits.
On observe que les prêtres sont souvent délégués pour conférer la Confirmation, et ceci a pour conséquence le risque de mettre au second plan le fait que c'est l’évêque qui en est le ministre ordinaire. De cette manière, on enlève aux nouveaux confirmés une occasion de rencontrer le Père et le Chef visible de l’Église particulière.
17. Plusieurs réponses soulèvent la question de l’âge le plus opportun pour l’admission au sacrement dans l’Église de Tradition latine, compte tenu des bons résultats spirituels et pastoraux obtenus lorsque la Sainte Communion a été reçue dans la petite enfance. Il est utile de rappeler ici la constatation du Pape Jean-Paul II dans son livre «Levez-vous, et allons !».31 Plus récemment, lui-même rappelait que «les enfants sont le présent et l’avenir de l’Église. Ils jouent un rôle actif dans l’évangélisation du monde, et à travers leurs prières ils contribuent à le sauver et à l’améliorer».32
Dans le passé, sur ce même argument, le Décret Quam singulari admettait les enfants à l’Eucharistie dès sept ans, un âge considéré comme faisant usage de la raison, quand ils pouvaient distinguer le Pain Eucharistique du pain ordinaire, après avoir accompli la première confession sacramentelle.33 Cette orientation semble aujourd’hui encore plus nécessaire du fait que l’usage de la raison, tout comme les dangers et les tentations aussi, arrivent plus précocement. Avec cette pratique, on professe la primauté de la grâce qui a apporté de grands bénéfices à l’Église, favorisant aussi les vocations sacerdotal
SYNODE DES ÉVÊQUES - XIème
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
2-23
octobre 2005
L'Eucharistie : source et sommet de la vie et de la mission de l'Église
50
PROPOSITIONS des PERES SYNODAUX
Ière PARTIE
LE PEUPLE DE DIEU EDUQUE A LA FOI DANS L’EUCHARISTIE
Chapitre III : Catéchèse et mystagogie
Proposition 13 : La séquence des sacrements de l’initiation chrétienne.
Le lien étroit existant entre le baptême, la confirmation et l’Eucharistie n’est pas suffisamment perçu. Il est par conséquent opportun d’expliquer que nous sommes baptisés et confirmé en relation à l’Eucharistie. Il convient donc de favoriser une meilleure intégration du lien entre les trois sacrements de l’initiation chrétienne dans la célébration de chacun de ces trois sacrements, quel que soit l’ordre chronologique ou l’âge de la confirmation et de la première communion. Un approfondissent théologique et pastoral de la confirmation pourrait en ce sens être de grande valeur. Tout cela aurait par ailleurs une valeur positive dans le dialogue œcuménique.
L’âge approprié pour la confirmation pourrait être repensé. Il faudrait également voir si dans l’Eglise latine la séquence baptême, confirmation, première communion doit être observée uniquement pour les adultes ou également pour les enfants. La tradition latine, qui se différencie de la tradition orientale en ce qui concerne la séparation de la célébration de la confirmation et de celle du baptême, possède son droit propre et sa propre valeur ou sa propre importance. Par ailleurs, les différences entre les deux traditions ne sont pas de nature dogmatique. Les deux traditions donnent en réalité une réponse pratique différente à la situation identique du grand nombre de baptême d’enfants.
EXHORTATION APOSTOLIQUE POST-SYNODALE
SACRAMENTUM CARITATIS
DU PAPE BENOÎT XVI
AUX ÉVÊQUES, AUX PRÊTRES, AUX DIACRES, AUX PERSONNES CONSACRÉES ET AUX FIDÈLES LAÏCS
SUR L'EUCHARISTIE, SOURCE ET SOMMET DE LA VIE ET DE LA MISSION DE L'ÉGLISE
I. Eucharistie et initiation chrétienne
L'ordre des sacrements de l'initiation
18. À cet égard, il est nécessaire de porter attention à la
question de l'ordre des sacrements de l'initiation. Dans l'Église, il existe
des traditions différentes. Une telle diversité se manifeste avec évidence dans
les traditions ecclésiales de l'Orient, (50) et dans la pratique occidentale
elle-même en ce qui concerne l'initiation des adultes, (51) par rapport à celle
des enfants. (52) Néanmoins, de telles différences ne sont pas proprement
d'ordre dogmatique, mais de nature pastorale. Concrètement, il est nécessaire
de vérifier quelle pratique peut en réalité aider au mieux les fidèles à mettre
au centre le sacrement de l'Eucharistie, comme réalité vers laquelle tend toute
l'initiation. En étroite collaboration avec les Dicastères compétents de la
Curie romaine, les Conférences épiscopales vérifieront l'efficacité des
parcours actuels d'initiation, afin que, par l'action éducative de nos
communautés, le chrétien soit aidé à mûrir toujours davantage, en parvenant à
donner à sa vie une authentique assise eucharistique, de sorte qu'il soit en
mesure de rendre raison de son espérance d'une manière adaptée à notre temps
(cf. 1 P 3, 15).
II. COMMENTAIRES PERSONNELS
- La proposition 16 de l’« Instrumentum
laboris » me semble pleine de
promesses.
On y trouve
beaucoup de choses :
- L’évocation des
diocèses ayant récemment réintroduit l’ordre traditionnel BCE.
- Le rappel de
l’Eucharistie, sommet de l’Initiation chrétienne.
- La mention du
fait que dans l’Eglise latine , des
prêtres sont souvent délégués pour confirmer, atténuant de fait la cause
première de la séparation des B et C en l’occurrence le rôle de l’évêque
ministre ordinaire de la Confirmation
- La question sur
l’âge opportun pour administrer la Confirmation, eu égard à l’heureux
rajeunissement (par Pie X réaffirmé par Jean-Paul II) de l’âge de la 1ère
communion. Argument de la primauté de la grâce et de l’aide à la dynamique des
vocations sacerdotales.
S’appuyant sur ces
arguments de foi (grâce), de théologie (magistère, œcuménisme ) et de pratique
, il est manifeste que le souhait implicite de l’Instrumentum laboris est de
pouvoir donner à l’enfant de 7 ans et dans l’ordre, les 3 sacrements de
l’Initiation chrétienne.
Dans les faits la
situation est plus complexe : de nombreux évêques délèguent la
Confirmation aux prêtres minimisant ainsi l’intérêt de la ligne occidentale qui
vise à privilégier le contact avec l’évêque quand simultanément certains
diocèses réintroduisent déjà l’ordre traditionnel BCE
Il semble évident
que cette proposition sous-tend implicitement la remise en ordre BCE, ce que je
pouvais ni mieux ni plus espérer, avec
le maintien de la 1ère communion dès 7 ans précédée du passage de la
Confirmation au même âge.
- Dans la
« Proposition 13 » des Pères synodaux apparaît … une non proposition.
Bien sûr, cette
proposition évoque en introduction le lien organique entre ces trois sacrements
mais sans l’expliquer. Est posée en début de cette proposition la théorie
normale, positive, mais tout le reste du texte semble soutenir tout le
contraire.
Ainsi, « l’ordre chronologique (des 3
sacrements) tout comme l’âge de la confirmation
et de la première communion » n’entrent déjà plus dans les perspectives
d’explication.
De nombreuses
questions se posent alors en lisant ce texte :
1. De quel
« approfondissent théologique et pastoral de la confirmation »
entend-on parler
2. En voulant
s’éloigner encore plus de la théologie commune, quelle perspective œcuménique
positive espère-t-on partager avec les Orthodoxes et même avec les
protestants ?
Comment ne pas
imaginer un sentiment de déception des Orthodoxes devant ce nouvel éloignement contredisant nos grands discours
œcuméniques.
Par contre,
j’imagine le sourire de nombre de protestants à qui nous reprochons de négliger
5 des 7 sacrements et qui nous voient continuer une évolution (une
dérive ?) peu charpentée théologiquement.
5. Au sujet de : « La tradition latine, qui se différencie de
la tradition orientale en ce qui concerne la séparation de la célébration de la
confirmation et de celle du baptême, possède son droit propre et sa propre valeur ou sa propre importance » je
vous renvoie directement aux arguments du texte de 30 pages cité en
introduction.
Rien de net, tout semble ouvert, mais rien n'est précis. Visiblement, il n'existe pas de convergence intellectuelle et la peur de faire vaciller le vieil édifice l'emporte sur le courage d'affronter le problème. Ce jour incontournable s'imposera bien vite. La baisse drastique des confirmations en France ( 95 000 en 1995, 50 000 en 2005, chiffres de la Conférence épiscopale ! ) l'annonce sans pitié. Alors, le chantier à mettre en oeuvre ne se fera pas sans dommages collatéraux.
- Dans
l’Exhortation Apostolique, je crois pourvoir discerner une pierre d’attente qui
me réjouit.
Le pape ne peut
pas ne pas prendre acte de l’état de la question, et de l’impossibilité des
évêques à proposer quelque chose.
Il en appelle donc à un nécessaire travail en prenant acte que l’état d’hétérogénéité des pratiques n’engage pas la théologique. Il affirme très nettement pour pouvoir mener à bien ce travail, il serait bon que tous et chacun puissent s’appuyer sur « Pierre », en son successeur avec ses collaborateurs des dicastères. Il donne la clef de la solution dans une étonnante phrase au centre du paragraphe 18, que l’Eucharistie est le « Centre-Terme » de l’Initiation. Le BCE est ainsi subtilement réaffirmé.
Abbé Bruno DANIEL, 9 septembre 2007
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